
PHOTOGRAPHE DE LA MER : PORTRAITS ET REPORTAGES NAUTIQUES
Ma grande spécificité en tant que photographe réside dans les portraits de marins et les reportages nautiques. C’est à travers ce travail, profondément lié au monde maritime, que je me suis fait connaître. Depuis mes débuts, je raconte les femmes et les hommes de mer, leurs parcours, leur force et leur relation intime à l’océan. La mer, ses atmosphères et celles et ceux qui la vivent au quotidien occupent une place centrale dans mon regard. Ce territoire photographique, fait de rencontres et d’engagement, a façonné mon identité et continue d’inspirer l’ensemble de mon travail.
PHOTOGRAPHE DE LA MER : UNE PASSION, UN MÉTIER
Être photographe de mer est pour moi bien plus qu’une spécialité : c’est une passion profondément ancrée, devenue au fil du temps un métier. J’ai grandi dans un environnement où la mer occupait une place centrale, presque évidente. Elle faisait partie du quotidien, des conversations, des rêves et des projets. Petite, j’ai vu mon père construire durant des mois et des années et de ses propres mains un voilier, avec lequel il a ensuite traversé l’Atlantique. Ce geste, à la fois audacieux et patient, m’a très tôt appris le sens de l’engagement, du temps long et du respect des éléments. Mes frères, quant à eux, ont toujours été d’excellents navigateurs, portés par la même passion et cette même relation intime à l’océan. Bercée par cette culture maritime, j’ai grandi entourée de récits de navigation, de cartes, de vents et d’horizons lointains. Il allait de soi que la mer deviendrait une thématique forte de ma vie, un territoire naturel d’expression et de création. Photographier le monde maritime, c’est pour moi raconter des histoires humaines, capter la force et la fragilité de celles et ceux qui vivent avec et par la mer. Aujourd’hui, mon travail de photographe mêle regard documentaire et sensibilité artistique. À travers les portraits de marins et les reportages nautiques, je cherche à transmettre cette relation singulière à l’océan, héritée de mon histoire personnelle, et à rendre hommage à un univers qui m’accompagne depuis toujours.
PORTRAITS DE MARINS ET DE NAVIGATRICES
Tous les marins ont les yeux bleus (Vendée Globe 2012), un virage dans ma carrière photographique
Depuis toujours, je suis fascinée par les femmes et les hommes de mer, par leur force, leur engagement et la singularité de leurs parcours. C’est donc tout naturellement qu’est né, lors du Vendée Globe 2012, mon projet Tous les marins ont les yeux bleus. Photographier les marins et navigatrices, à leur arrivée, habités par la mer. Ce projet a marqué un basculement profond dans mon parcours de photographe. Récompensée par le Prix SFR Jeunes Talents, exposée aux Rencontres Photographiques d’Arles, publiée aux Editions Gallimard, puis exposée à travers le monde, cette série est une ode à ces héros des temps modernes. Au-delà de la reconnaissance institutionnelle, c’est une légitimité sensible qui s’est dessinée, portée par l’accueil bouleversant du monde marin et photographique. Un travail au long cours, que je n’ai jamais cessé de faire vivre par la suite, animé par l’envie de raconter celles et ceux qui naviguent, rêvent et affrontent l’horizon.





Portraits de commande pour la presse : Les navigatrices de la Volvo Ocean Race pour le New-York Times
Forte du succès de ma série Tous les marins ont les yeux bleus, j’ai été sollicitée par la presse et par des entreprises pour réaliser de nombreux portraits de navigatrices et de skippers. Ces commandes ont prolongé naturellement mon travail autour du monde maritime, en me permettant de mettre mon regard et ma sensibilité au service de récits forts, humains et incarnés, à destination des médias.







Les skippers du Vendée Globe




The Famous Project 2025 : première équipe féminine de l’histoire à se lancer dans le Trophée Jules Verne






REPORTAGES ET OEUVRES PHOTOGRAPHIQUES MARITIMES
Dans le prolongement naturel du portrait, mon travail photographique s’inscrit depuis toujours en lien étroit avec la mer. Avec la même passion et la même ferveur que lorsque je photographie des visages, j’aime explorer les paysages maritimes, leurs atmosphères et les histoires silencieuses qu’ils racontent. La mer est pour moi un territoire d’expression infini, à la fois puissant, fragile et profondément inspirant. Que ce soit dans les marais salants de la presqu’île de Guérande, au fil des saisons et des lumières, au départ de grandes courses de bateaux chargées d’émotion et de tension, ou simplement lors de longues promenades le long des côtes sauvages, mon regard se pose sur ce qui relie l’humain à l’océan. J’aime photographier les lignes, les matières, les reflets, les mouvements, ces détails souvent discrets qui traduisent la présence de la mer et son influence sur les territoires. Mon travail oscille entre reportage et démarche plus personnelle, entre observation attentive et interprétation sensible. À travers ces images, je cherche à rendre compte d’un monde maritime vivant, habité, parfois rude, souvent poétique. Photographier la mer, c’est prendre le temps de regarder, d’écouter et de ressentir. C’est une manière de prolonger le portrait autrement, en laissant les paysages, les lumières et les éléments raconter leurs propres histoires.
Reportages sur les ports et paysages bretons / Expéditions et vie en mer
MON APPROCHE PERSONNELLE : LE JOURNAL DE BORD
Vivant à proximité de l’eau, je suis en prise directe avec les variations du ciel, de la lumière et des éléments. Dès que des tempêtes se lèvent ou que des phénomènes météorologiques intenses et singuliers apparaissent, je sors, appareil photo en main, pour documenter ces ambiances puissantes que j’affectionne tout particulièrement. Ce sont des moments bruts, parfois violents, toujours profondément vivants, où la mer révèle toute sa force et son caractère. En parallèle de ces instants exceptionnels, la photographie accompagne chacun de mes passages en bord de mer. Mon appareil ne me quitte jamais. Lors de simples promenades, je prends le temps de regarder, d’observer et de ressentir. Mes marches, prévues pour durer une demi-heure, s’étirent souvent sur plusieurs heures. Je m’arrête, je contemple, je reviens sur mes pas, je photographie parfois dix fois le même sujet, jusqu’à trouver l’image juste. Dans ce journal de bord, la présence de mon fils occupe également une place essentielle. Il grandit au bord de l’eau, évolue librement dans ces paysages, escalade les rochers avec une évidence naturelle. Le voir grandir dans cet univers nourrit mon regard et donne une dimension intime et vivante à ces images : la mer est aussi son monde, son terrain d’exploration. Ce travail patient et répétitif fait partie intégrante de ma démarche. Il ne s’agit pas de capturer l’instant spectaculaire, mais de traduire une atmosphère, une sensation, une émotion subtile. Photographier la mer est pour moi un acte presque méditatif, une façon de dialoguer avec le paysage et de laisser le temps faire son œuvre. C’est une passion profonde, nourrie par la proximité quotidienne avec l’océan et le besoin irrépressible d’en garder une trace sensible.
MON RÊVE EN TANT QUE PHOTOGRAPHE POUR 2026
Mon grand rêve en tant que photographe pour cette année 2026 serait de travailler avec les chantiers navals de Saint-Nazaire, et plus particulièrement de réaliser une série de portraits (dans la même veine que ma série TOUS LES MARINS ONT LES YEUX BLEUS )au cœur de ce site exceptionnel. Ces métiers, directement impliqués dans la construction, l’assemblage et la mise en service des navires, sont au cœur même de l’âme des chantiers. Mon envie serait de créer des portraits intenses de tous ces techniciens de production manuelle et des installations techniques : les soudeurs, les pontiers, les électriciens, les tuyauteurs, tous ceux dont les gestes précis et le savoir-faire façonnent des géants des mers. Je suis profondément touchée par la force de ces métiers, par les visages marqués par le travail, la concentration, l’engagement et la fierté. Les chantiers navals représentent pour moi une source intarissable d’histoires humaines, de regards et de métiers à découvrir et à faire découvrir. À travers la photographie, j’aimerais rendre visible cette richesse, mettre en lumière ces femmes et ces hommes souvent dans l’ombre, et raconter, par le portrait, la dimension profondément humaine de cette aventure industrielle hors norme.







