PHOTOGRAPHE DANS LES MARAIS SALANTS DE GUÉRANDE

PHOTOGRAPHE DANS LES MARAIS SALANTS DE LA PRESQU’ÎLE DE GUÉRANDE

Au cours de l’été 2026, j’ai fait l’expérience d’être saisonnière pour la récolte de la fleur de sel dans les marais salants de la presqu’île de Guérande. J’ai travaillé deux mois à Saillé, petit village de paludiers, situé entre Guérande et Le Pouliguen. Tous les soirs avant le coucher du soleil, je récoltais et, tous les matins à l’aube, je triais la fleur de sel récoltée la veille. Depuis que nous avons emménagé dans la région, les marais salants font partie de mon quotidien. Ils accompagnent mes retours, mes promenades, mes saisons. Je vois travailler au quotidien paludiers et paludières. Et je sens quelque chose de spécial autour de ce métier aussi dur que passionnant, respecté voire ultra respecté par toutes et tous. J’attendais le moment opportun pour comprendre de l’intérieur ce savoir-faire ancestral, transmis de génération en génération , façonné par la patience des gestes et une attention constante à la nature. En me lançant dans l’aventure, je ne savais pas que l’été 2026 marquerait tous les esprits.

S’il fait beau, je travaille, sans relâche, sans pause. S’il pleut, pas de sel et donc pas de boulot. J’ai commencé en fanfare le 11 juin dernier avec un temps splendide puis atrocement caniculaire. 18 jours matins et soirs à récolter, trier, suer, méditer. Les marais te prennent aux tripes. Je vais essayer ici durant deux mois de vous partager cette expérience aussi fascinante qu’éreintante. Faire ce choix cet été, c’est aussi m’offrir un temps de retrait : m’éloigner du tumulte extérieur, suspendre un instant les réflexions culturelles, la recherche permanente de nouveaux clients, d’idées géniales qui ne viennent pas … pour laisser davantage de place au silence, à la méditation et à la dureté de ce métier qui demande tant de ressources corporelles. Au fil des jours passés autour des œillets, ma fatigue augmente mais le bonheur d’être là est immense.